La musique, une émotion cérébrale Dans le film Un été meurtrier, la mélodie « Trois petites notes… » rappelle à l’héroïne le drame de l’origine de la naissance. Comme un leitmotiv, la musique renvoie l’auditeur à une émotion spécifique liée à un événement de sa propre vie. Elle le conditionne aussi, plus simplement, par les caractéristiques d’une mélodie. « Des travaux déjà anciens, souligne Hervé Platel, ont montré que le tempo et le mode d’une mélodie jouent un rôle important sur l’expérience émotionnelle vécue par le sujet lors de son écoute. » Ainsi, un tempo rapide entraîne chez le sujet un état émotionnel joyeux, tandis qu’un tempo lent induit plutôt la tristesse. « Le mode musical joue aussi sur l’émotion, explique Mathilde Groussard. Une mélodie en mode majeur est plutôt synonyme de joie, alors que la tristesse est en accord avec un mode mineur. Des études cliniques récentes montrent que la préservation du « plaisir » musical peut perdurer alors que des troubles de la perception sont flagrants. Inversement, une altération du plaisir à écouter de la musique peut être observée même quand les troubles de la perception sont minimes. »

Anne Blood et ses collègues, du département « Psychiatrie et neurologie » de l’Hôpital général du Massachusetts, aux États-Unis, ont élucidé cette dissociation entre jugements perceptif et émotionnel. « Les aires cérébrales activées pour discriminer deux accords ou juger de leur dissonance appartiennent à des réseaux clairement distincts, commente Hervé Platel. Depuis, l’imagerie cérébrale a montré que l’émotion ressentie à l’écoute d’une musique impliquait des régions sous-corticales et corticales habituellement engagées dans la réponse à des stimuli émotionnels, visuels ou olfactifs. » Cela a été montré en conditions expérimentales, la régularité, la rapidité et l’homogénéité des réponses émotionnelles sont liées à la musique, en dépit de ce que l’on croyait, et ne sont ni subjectives, ni variables. « En définitive, souligne Hervé Platel, la dimension émotionnelle est peut-être ce qu’il y a de plus universel et partagé dans l’expérience musicale, au-delà des formes culturelles variées que l’art musical peut prendre. »

Rédaction, Olivier Frégaville-Arcas


Le pouvoir thérapeutique de la musique n’est pas seulement dans la capacité du son à « faire du bien ». Il peut également être l’outil d’une ré appropriation de son propre système de perception, et par là même restaurer un lien avec soi-même et avec les autres qui ré enclenche le mouvement de la vie.
Utiliser le son pour transformer son intolérance au son en appétit de son. Et par là même, transformer sa fatigabilité en endurance, son irritabilité en accueil, sa dispersion en choix. Une voie vers la liberté. »

Aline Jalliet, Chanteuse, pédagogue de la voix parlée et chantée, consultante certifiée Tomatis